Once Upon a Time in Wonderland: le pays des merveilles féministes

L’histoire
Au retour de ses aventures au pays des merveilles, Alice est prise pour une folle. Dévastée par la mort de son amoureux, Cyrus le génie, la voilà enfermée dans un asile sombre et lugubre. Elle reçoit alors un message inespéré de son ami Will, le valet : son amoureux est vivant, mais prisonnier. Alice s’embarque alors dans une nouvelle épopée  au pays des merveilles dans l'espoir de retrouver Cyrus. Mais Jafar et la Reine de cœurs complotent pour s’emparer de son pouvoir et devenir des mages encore plus puissant.e.s.

Once Upon a Time in Wonderland (OUATW) est une série fantastique de treize épisodes qui revisite le classique qu’est Alice au pays des merveilles. Elle arrive quatrième dans mon Palmarès des séries féministes. Bien qu’elle adopte certains codes et clichés des histoires de magie et de princesses, ses personnages féminins forts repoussent à coup d’épée les stéréotypes et donnent le goût de l’aventure.

[Description d'image: photo d'Alice, une jeune femme vêtue de
mauve, marchant sur une place. Elle a une épée rangée dans son
dos dont la poignée est visible au-dessus de son épaule droite.]
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Le damoiseau en détresse
Renversant complètement le narratif classique de la « demoiselle en détresse », OUATW présente la quête d’une femme qui tente de sauver son amoureux prisonnier au sommet d’une tour. Bien qu’elle ne revendique pas à celle seule tout l’héroïsme de la série (Cyrus a aussi ses aventures et ses sauvetages), ce point de vue est rafraichissant. Alice est forte, courageuse, généreuse, aventurière, rusée et habile avec l’épée, ce qui en fait une héroïne admirable et totalement bad ass.

À titre d’exemple, la série commence lorsque Will, l’ami d’Alice, vient la libérer de l’asile où elle est retenue contre son gré pour lui apprendre que Cyrus est toujours en vie. Alice est alors prise d’un regain de motivation et met K.O. à elle seule les cinq gardes qui surveillent sa cellule pendant que Will la regarde travailler du coin de l’œil. Sarcastique, elle assomme le dernier garde avec sa paire de chaussures et lui lance : « Was that your idea of a rescue? » (« Est-ce que c’est ça ton idée d’un sauvetage? »). Ainsi, dès les premières scènes, on comprend qu’Alice se débrouille très bien toute seule et que les hommes qui l’accompagnent dans sa quête sont ses faire-valoir et ses compagnons, pas ses supérieurs.

Les femmes aussi sont cruelles?
OUATW remet en question le manichéisme des contes classiques en donnant du caractère, un passé et leur lot de drames à ses personnages classés du côté des méchant.e.s. En fin de compte, chacun.e n'agit que pour satisfaire ses deux besoins fondamentaux : l’amour et la liberté (mais surtout l’amour). Ceci étant dit, la série livre des personnages féminins de qualité en la méchante Reine de cœurs, la sorcière qui s’allie à Jafar, ou la Jabberwocky. Ces personnages sont puissants, indépendants, effrayants, parfois cruels et toujours ingénieuses. Dans leurs alliances avec des personnages masculins, ces femmes livrent un véritable combat de l’esprit : c’est à qui trompera l’autre en dernier. Lorsque les hommes essaient de les manipuler ou les sous-estiment, ils sont souvent déçus : elles ne se laissent pas abattre et finissent généralement par triompher.

L’amitié, presque aussi bien que l’amour
La série embarque à fond dans le discours sur l’amour des contes classiques. Il y a un vrai, grand Amour (hétérosexuel, éternel, monogame), il demande des sacrifices, il vaut plus que la liberté et il justifie toutes les souffrances. Bon… On le lui pardonne cependant étant donné le contexte de la série, qui vise justement à offrir un éclairage nouveau sur la quête de l’amour classique, et parce que la violence conjugale est exclue de cet idéal amoureux (ce commentaire peut surprendre, mais vous verrez dans d’autres articles à quel point les séries idéalisent souvent la violence conjugale et sexuelle).

Malgré cette emphase sur le sentiment amoureux, l’amitié prend tout de même une place importante puisque c’est ensemble qu’Alice et Will cherchent à retrouver Cyrus. Le fait que chaque personnage ait son « véritable amour » nous épargne de voir des scènes de jalousie et nous permet d’apprécie une relation strictement amicale qui fait de Will et d’Alice des camarades, complices, solidaires – bref, une véritable équipe. Si Will apparait comme un voleur opportuniste, il cache un grand cœur et est prêt à tout pour aider son amie. Mais il n’en devient pas un preux chevalier – c’est Alice qui est aux commandes, et c’est mutuellement qu’iels se soutiennent et se viennent en aide. Leur amitié est touchante et rare dans une société qui doute de la possibilité même de l’amitié homme-femme.

Conclusion
Je recommande fortement le visionnement de cette série assez distrayante et légère malgré son côté dramatique. Les combats à l’épée, la magie et le Lapin Blanc vous rappelleront votre enfance. Rencontrer une variété de personnages féminins forts, puissants et autonomes vous fera sourire. Pour ceux et celles qui auraient vu la série parent Once Upon a Time (10e dans mon classement), sachez que celle-ci est encore meilleure parce que moins redondante et mieux ficelée. Malgré certains problèmes inévitables comme la persistance du port de la robe chez les femmes, les aspects positifs de la série l’emportent largement et offrent aux adultes au cœur d’enfant un pays des merveilles féministe.




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